à CHEN ZHEN (1955-2000)

Jardin de méditation de l'Ecole Nationale Supérieure de Géologie. Oeuvre de Chen ZHEN

Nous ne nous intéressons pas à l’art par le seul fait de notre pratique de l’architecture ou de notre formation, ni à son propre procès de création auquel elle se réfère explicitement...
Christian FRANCOIS, professeur titulaire du Ministère de la Culture a enseigné huit ans à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nancy dirigée alors par Jacques BRAUNSTEIN et enseigne aujourd'hui à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nancy comme maître-assistant de classe exceptionnelle.



Patricia HENRION et Christian FRANCOIS ont une pratique artistique personnelle qui permet d'expérimenter hors de l'architecture, par la peinture et l'écriture graphique un contact direct avec la lumière et la matière à l'œuvre.


Notre conviction du rôle profond et irréductible de l’art dans sa dimension culturelle et conceptuelle se trouve parfois engagée pour un temps dans notre travail d’urbanistes et d’architectes conjointement à celui d’artistes lors de projets communs permettant de voir aboutir la création  ou la restauration de quelques œuvres importantes de l'art contemporain.


Harmonie retrouvée: Art Paysage Architecture. Chen ZHEN

Chen ZHEN, (1955-2000)  est né à Shanghaï et appartenait aux artistes les plus éminents de l'avant-garde chinoise.
Ses installations développent des thèmes poétiques dans des alliances matérielles et culturelles qui nouent des communications entre les traditions d'Extrême-Orient et les mouvements d'avant-garde européens.
Son travail questionne les rapports au corps et au lieu, aux médecines et aux cultures.

L’œuvre pour laquelle nous avons travaillé ensemble lors du projet de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie est une pièce unique très importante parmi les dernières de l'artiste.
Pensée au départ comme un parc de détente sur le plateau de Brabois, puis comme une installation localisée en vis-à-vis de l’édifice dont elle reprend avec précision les mesures, l’œuvre est un parcours qui se confronte exceptionnellement avec le thème du corps comme totalité, de la nature comme paysage à parcourir et de l’ordre et de la mesure en architecture.
Le terrain est façonné par des vagues végétales pouvant servir de support à la méditation et la détente des étudiants, sculptées face à un long mur frontal de béton poli noir et blanc.
Le thème évident des contrastes vide-plein, orient-occident, vie-mort, rejoint une pensée plus discrètement émise de la totalité, du corps visible et des entrailles, du mouvement et du repos, de l’artifice construit et du travail de la nature.
Comme une thématique déjà présente à l'origine du projet d'architecture, l’œuvre effleure ici avec finesse une coïncidence unique de l’art, du programme et du site dans une pensée symbolique de relecture d'un mot qui rêve aussi de Géologie.

Chen ZHEN et FRANCOIS-HENRION Paysage Géologique 54500 VANDOEUVRE

Au-delà de sa géométrie dessinée avec précision, un grand chemin trace un ovale planté arbres de hautes tiges et inscrit le site dans une figure globale à parcourir.





GOTTFRIED HONEGGER


Stèle de l'Institut National de Polytechnique de Lorraine. Acier Corten.
Gottfried Honegger

Gottfried Honegger, artiste suisse né en 1917 à Zurich.
Un des créateurs de l’Art concret, il travaille sur le seul thème de Volume, Structure Stèle.
Ses recherches se développent sur la base de concepts mathématiques.



Lors du projet de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie, et de son insertion urbaine dans son contexte universitaire, nous avons proposé la restauration de l’œuvre de Gottfried HONEGGER qui avait été démontée et pour un temps déplacée et remisée, puis délaissée et oubliée. Nous avons projeté de l’inscrire dans une nouvelle scénographie qui a été approuvée par l’artiste, en restaurant son socle de base et en la réinsérant  dans la perspective de l’esplanade de l’Institut National de Polytechnique de Lorraine à Vandœuvre.

L’œuvre témoigne ici de la constance et de la qualité du travail de création mené par son auteur: une recherche fidèle sur le thème de la Stèle, du Volume et de la Structure dans une double direction qui unit la dimension concrète de son corps construit en acier et le jeu dynamique de l’abstraction mathématique qui prend ici une nouvelle valeur topique en s‘implantant sur le parvis de l’Institut National Polytechnique de Lorraine.

FELICE VARINI


Felice VARINI, artiste suisse né en 1952 à Locarno.
L’œuvre de Felice VARINI est une peinture qui prend la construction architecturale comme support et objet d’un travail géométrique utilisant des couleurs primaires en lien avec la perspective monoculaire, en se déconstruisant lors des changements de point vue.



Lors de notre travail commun avec l’architecte tessinois Livio Vacchini sur l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy, nous avons pressenti et consulté différents artistes de tendance minimaliste, comme Daniel Buren, Niele Toroni, Felice Varini. Le projet et la proposition de Felice Varini ont été retenus.

L’œuvre de Nancy est significative de son travail pictural qui vient ici en contrepoint de l’architecture tout en révélant son exception dans un procès de construction et de déconstruction du point de vue et de ses règles.
Dans un espace composé en profondeur par une symétrique axial, un trapèze bleu décale l’axe majeur comme une invitation au changement de perspectives qui s’opère lors des déplacements sur les coursives d’accès aux salles de projets et de recherche.
Quatre points de contact permettent à cette figure qui parait plane et transparente de cadrer avec précision le rectangle du fond construit. Mais le trapèze apparent n’est ni asymétrique, ni plan, ni transparent, et les lieux de sa figure peinte sont les seuls du projet où le béton blanc est revêtu de couleur.






 Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nancy - Felice VARINI




        
         LIGHT RAY Sculpture de lumière de SARA HOLT


Sara HOLT -       LIGHT RAY Sculpture polychrome acrylique translucide-
Atrium de l'immeuble tertiaire de Lieusaint
Sara Holt, sculpteur et photographe, est née à Los Angeles en Californie, vit et travaille en France.
Ses images trouvent à nouveau le sens étymologique de la photographie : une écriture de la lumière, mais aussi du temps et du mouvement saisis dans une durée fixée.
Dans son tracé, cette écriture mémorise l'image nocturne de la course des astres dans notre univers en rendant l’invisible visible et en nous plaçant de nouveau en présence de cette scène.
Ses œuvres inscrivent naturellement la lumière et l’espace.
Ses sculptures lumineuses et chromatiques sont issues de cette recherche spatiale sur la lumière à travers son spectre et sur l'écriture de sa graphie en volumes de sculpture contemporaine.


L’artiste est intervenue lors de la construction du Siège de l’Agglomération Nouvelle de Melun-Sénart à Lieusaint.

L’édifice au tracé géométrique régulier est un parallélépipède rectangle  de 36m x 30m x 10m. Il est construit par 66 panneaux porteurs de façade en béton revêtus de pierre d’Euville, qui contrastent avec ceux de son intérieur en sobre béton gris, composés autour d’un vaste atrium de trois niveaux qui capte la lumière solaire par une structure de poutres en lanterneau.

La sculpture lumineuse s'inscrit dans ce lieu et traverse en diagonale l’atrium symétrique de l’édifice en dessinant le décalage exact de l’axe terrestre Nord-Sud par un trait de lumières colorées qui relient le vide de l’édifice et la dimension cosmique de sa localisation: lumières et couleurs évoquent dans un même temps une relation géométrique et symbolique avec notre système solaire et l'architecture du lieu.

La sculpture est composée d’un long tube en plexiglas translucide coloré en suivant le graphisme issu de traces d’étoiles photographiées par Sara Holt. Elle reprend, en accord avec l’architecture, le langage plastique de la matérialité en y inscrivant la modernité de son expression et de son langage.
En réponse à sa dimension cosmique, comme un écho, un tube vertical de même facture et de plus petite taille se réfère à un ordre et une échelle humaine en reliant ici l’infini et la proximité, le singulier et l'universel.
Seule cette dernière pièce a été préservée d'une restructuration peu respectueuse de l'édifice et de son espace intérieur.



Signe supplémentaire du mouvement: un cylindre vertical en rappel de la dimension universelle et humaine.

Dans le travail de recomposition et de restructuration du siège du Conseil Général de Meurthe et Moselle, nous avons construit la séquence d'accueil autour d'une sculpture en bronze de DANIEL MEYER (1908-1993) "AURORE" réalisée par le fondeur Joël HUGUENIN, don de Mme Odette MEYER.
Une récente recomposition des lieux a permis de préserver et améliorer la mise en scène originale de la sculpture.




AURORE BRONZE DE DANIEL MEYER